Boitier Rouge
L'automobile autrement

Rimac Automobili : la start up automobile qui séduit jusqu?à Porsche
20/06/18 - La Croatie n’est pas une grande terre automobile, ni le siège reconnu de nombreuses start-up… L’image folklorique qu’elle renvoie fait irrémédiablement penser à la Syldavie décrite par Hergé alors que sa voisine, la Slovénie, abrite depuis plus de 40 ans la fameuse usine de Novo mesto, aujourd’hui propriété de Renault (lire aussi : Novo mesto), et qu’un temps Citroën y fabriqua des voitures (lire aussi : Cimos), que la Serbie se targue d’une certaine histoire automobile (lire aussi : Zastava), et que même la Bosnie disposait de ses usines (lire aussi : TAS Volkswagen), en Croatie, rien, nada, whallou ! C’est pourtant là qu’est née l’une des plus discrètes, reconnues et prometteuses start-up de l’automobile électrique. Son destin aurait pu être celui du constructeur français Exagon (lire aussi : Exagon) et c’est vrai qu’à ses débuts, en 2009, rien ne laissait présager d’un futur radieux, d’une place centrale dans le domaine de la voiture dite « EV ». Mate Rimac, fondateur de la marque éponyme, va se lancer un peu par hasard en 2007, à 18 ans. Son premier véhicule électrique n’est autre que sa propre BMW 323i E30 qu’il a proprement rincée à drifter sur tous les parkings de Zagreb : résultat, moteur explosé, et passage dans ...

Lada Niva 4×4 : l?impossible succession
20/06/18 - ?S?il n?en reste qu?un je serai celui là?, chantait Eddy Mitchell en 1966, quand on l?accusait d?être déjà démodé et has been. Il faut croire que le Niva a suivi cette maxime Mitchellienne, tant lui non plus, n?a jamais trouvé de successeur. Aujourd?hui le Niva qu?il convient d?appeler ?4X4? si on se trouve en présence d?un avocat de GM, est le dernier vrai 4X4 de franchissement, au point de devenir une légende roulante. En 40 ans de carrière, on a voulu le tuer cent fois. Mais le Niva sera encore là dans 10 ans (lire aussi : Lada Niva). En avance sur son temps Quand l?étude de ce qui deviendra le Niva est lancée, tout porte à croire que le 4X4 russe ressemblera à une Jeep Willys comme tous les 4×4 à travers le monde. On doit cette ligne inimitable et ce concept révolutionnaire pour l?époque à deux jeunes russes. L?ingénieur Piotr Prussov et le styliste Valeri Semushkine créent quelque chose de nouveau en couplant les capacités tout terrain d?une Jeep avec une carrosserie couverte de berline. Leur concept original fut rejeté aussitôt par la direction de l?usine, qui préférait la vision plus traditionnelle des ingénieurs senior. Indigné, Prussov fit une ...

Brabham BT62 : objectif 24 heures du Mans
20/06/18 - Ils furent co-équipiers en Formule 1 chez Cooper-Climax, montèrent tous les deux leurs structures destinées à la création de voitures de courses, puis leur propre écurie de Formule 1. Jack Brabham et Bruce McLaren vont désormais s’affronter à titre posthume en tant que constructeurs automobiles sur le même créneau : celui de la supercar réservée au circuit, en attendant de se mesurer sur routes ouvertes. La Brabham BT62 vient en effet taquiner McLaren et sa Senna sur ce terrain, mais avec des ambitions sportives à peine cachées : la présence d’un modèle en exposition devant « l’hospitality » Michelin durant les 24 heures du Mans semble accrédité la thèse d’une future participation de la BT62 en catégorie GTE Pro ou Amateur. Par ricochet, et en attendant les futures évolutions de la course mancelle, une déclinaison « routière » pourrait bien suivre la production des 70 premiers exemplaires réservés au circuit. La présentation de la Brabham BT62 est en soi une première : la supercar sera la première voiture portant le nom du champion du monde de Formule 1 disposant d’un cockpit fermé. Bien qu’ayant construit une barquette dénommée BT8 entre 1964 et 1966 à 12 exemplaires, Brabham Racing Organisation s’est pour l’essentiel limitée à la production de ...

Peugeot 508 « I » : sans elle point de salut ?
07/06/18 - Sur un drôle de marché, alors que la 407 vieillissante n’arrive plus (la faute sans doute à un design daté, mais aussi à l’émergence des SUV et à la suprématie des allemands sur le segment) à sortir de l’eau, et que la 607 partait à la retraite après 168 000 exemplaires (lire aussi : Peugeot 607), la 508 arrivait à point nommé pour remplacer les deux modèles. Pourtant, si ses ventes cumulées n’arrivèrent jamais au niveau de celles de la 407 additionnées à celles de la 607, elle réussira discrètement à dépasser les 500 000 exemplaires pour se hisser au niveau des meilleures diffusions de berlines siglées du Lion. Voiture de VTC ? Telle est l’image aujourd’hui de la 508 1ère du nom. Pourtant, cela n’a pas toujours été le cas, et la berline du segment D de Peugeot a su se forger une clientèle de cadres, du moins en France. Ce n’est qu’en fin de vie que les 508 noires ont commencé à pulluler à Paris, avec l’essor des Uber et consorts ! Il serait dommage de lui coller cette image à la peau ad vitam aeternam ! La 508, c’était autre chose ! A sa présentation en 2010, et lors de sa commercialisation ...

Peugeot 508 GT SW (2018) : l?avenir dans le viseur ?
07/06/18 - Après la présentation de la berline au dernier Salon de Genève (lire aussi : Peugeot 508 II), c’est au tour du break de se dévoiler cette semaine. Enfin, chez Peugeot, on ne dit plus break depuis longtemps, mais SW, pour Station Wagon. Fabriquée à Mulhouse, comme sa s?ur berline, elle sera officiellement présentée au Mondial de l’Auto à Paris, pour une commercialisation début 2019. Cette nouvelle déclinaison (avant un coupé, on a bien le droit de rêver) est une nouvelle fois la preuve de la bonne santé et de la confiance du groupe PSA. Car si aujourd’hui le groupe cartonne grâce à ses SUV (le duo 3008/5008 essentiellement, mais la sortie des DS 7 Crossback et C5 Aircross en début d’année devrait encore accentuer cette tendance), il s’attaque désormais au reste de sa gamme en déclinant sa plate forme EMP2 sous la forme d’une paire berline/break du plus bel effet. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour nous cela veut dire beaucoup : en effet, depuis quelques temps on constate que les constructeurs généralistes préfèrent soit la jouer discret sur le segment D, comme Renault avec sa Talisman, soit carrément faire l’impasse sur ce segment, comme Fiat aujourd’hui, laissant les grandes ...

Newport Pagnell : le coeur historique d?Aston Martin
06/06/18 - Voilà déjà 15 ans que le quartier général d’Aston Martin s’installait à Gaydon, et plus de 10 ans que la dernière Vanquish sortait des ateliers de Newport Pagnell. Aujourd’hui, une partie des locaux « historiques » ont été vendus, tandis que l’autre partie est désormais occupée par Aston Martin Works (qui s’occupe notamment de l’entretien et de la restauration des anciens modèles de la marque) ainsi qu’une concession. Pourtant, depuis décembre 2017, une petite production a été à nouveau lancée dans la petite ville du Buckinghamshire, avec 25 exemplaires prévus d’une DB4 GT mêlant l’ancien et le nouveau. C’est l’occasion pour Boîtier Rouge de raconter l’histoire des ateliers de Newport Pagnell. Newport Pagnell n’était pas le lieu de naissance d’Aston Martin, dont les premiers ateliers, alors que l’entreprise s’appelait encore Bamford & Martin, étaient situés à Kensington, luxueux quartier de l’ouest londonien. En 1926, après une nouvelle faillite et le départ de Lionel Martin, la société prit enfin le nom d’Aston Martin (un nom qui était utilisé depuis 1913 après la victoire de Martin à la célèbre course de côte d’Aston Hill), et déménageait à Feltham, de l’autre côté de la Tamise, dans une partie des usines d’aviation de Whitehead Aircraft Limited. ...

16 records du monde en Focus : le défi de l?écurie Ford France
04/06/18 - Promouvoir un nouveau modèle fait parfois figure, pour les constructeurs, de véritable casse-tête. Entre campagnes de promotion, essais presse, engagements en compétition, et événements programmés tout au long de la vie du véhicule, il faut trouver l?alchimie entre budget, efficacité et story-telling. En 2011, quand  Ford présente sa dernière compacte, la Focus équipée d?un moteur de seulement 1 litre de cylindrée, il faut convaincre une clientèle pas encore habituée au downsizing. Chez Ford France, une main levée en réunion a l?idée originale de battre des records du monde. Le genre d?idée qui semblait facile, sur le papier. Une voiture, un moteur, une idée L?idée de s?attaquer à des records du monde de vitesse est vieille comme le monde. Depuis les débuts de l?automobile, tout le monde a toujours voulu battre des records. Mais force est de constater que la grande époque des records de vitesse est révolue depuis bien longtemps. Chez Ford France, où on est toujours à la recherche d?idées nouvelles pour animer la marque, ou le réseau, on a déjà évoqué l?idée mais sans vraiment s?y pencher sérieusement. En 2011, l?arrivée du moteur 1.0 litre EcoBoost 125 chevaux est un événement. Anticipant la vague du downsizing (qui consiste ...

Dome F105 : hara kiri en Formule 1
04/06/18 - Minoru Hayashi est un acharné. En 1965 il construit sa première voiture de course, basée sur une Honda S600. Après avoir construit ses  premières monoplaces dans les années 70, il crée son entreprise. Baptisée Dome, elle est installée à Kyoto et construit des voitures destinées à la compétition, principalement (lire aussi : Dome Zero). De la F3, au Mans, en passant par la F3000, Dome franchit toutes les étapes, avant de s?attaquer au rêve ultime : créer une écurie de Formule 1 entièrement japonaise. Mais les rêves sont ils faits pour être réalisés ? Etape par étape Avant de concevoir une Formule 1, Hayashi a pris soin de fabriquer des monoplaces dans des catégories inférieures. L?objectif est de développer le savoir faire de Dome, et d’emmagasiner de l?expérience. Une culture de l?apprentissage faite d?une humilité toute Japonaise. Après avoir remporté le championnat Japonais de F3 en 1984, Dome se tourne vers la F3000. Cette catégorie est à l?époque l?antichambre de la F1 et la dernière marche avant la catégorie reine du sport automobile. Dome fabrique ses propres châssis et les F101, F102, F103 et F104 sont toutes motorisés par Mugen-Honda. Marco Apicella remporte la championnat F3000 Japonais en 1994. Fin ...

Volvo Série 140 (142, 144, 145) : parpaing d?origine !
03/06/18 - La série 140 de Volvo est sans doute la plus emblématique de la marque, celle qui lui a donné la direction pour les 50 années suivantes, celle qui a instauré le style Volvo. Il ne s’agissait pourtant pas d’une voiture révolutionnaire à proprement parlé, et dérivait largement de l’Amazon qu’elle remplaçait (enfin pas tout à fait, celle-ci ne quittant les chaînes de production qu’en 1970), mais sans le vouloir, sans idée marketing précise, elle instaurait une nouvelle identité à la marque suédoise, souvent moqué certes (le « style parpaing »), mais immédiatement identifiable, et surtout plutôt élégant malgré tout. Avec les 142 (coupé), 144 (berline) et 145 (break), Volvo allait conquérir les années 70 et préparer le terrain pour le best-seller suivant, la série 200 (240/260). A l’époque avec Volvo, pas la peine d’aller chercher très loin pour le nom de son futur modèle : ce sera 3 chiffres côte à côté, le 1er indiquant la série (1 pour première série), le 2ème le nombre de cylindres (4 ici), et le 3ème le nombre de porte (2 pour le coach, 4 pour la berline, et 5 pour le break). Vous l’avez ? Bref, c’est à l’été de l’année 1966 que commence la production de la ...

Aston Martin Virage, Volante, Vantage ou V8 : se prendre pour un Lord anglais
01/06/18 - L’Aston Martin V8, première du nom, avait un côté agressif et spectaculaire, mais restait très ancrée, stylistiquement, dans les années 70. Introduite en 1977 comme la « première supercar britannique » (sic), elle commençait à pâtir d’une concurrence plus moderne, plus aiguisée, et plus désirable il faut bien le dire. Aussi, au milieu des années 80, la vénérable firme anglaise encore basée à Newport Pagnell décida-t-elle de moderniser son c?ur de gamme. Ainsi naquit la Virage, lancée en 1989. Certes Ford avait entre temps racheté Aston Martin (en 1987), et injecté un peu d’argent pour industrialiser (artisanalement tout de même) cette nouvelle mouture, mais le modèle avait été en grande partie développé hors de toute influence américaine, et d’une certaine manière à l’économie. Cependant, le nouveau modèle présentait plutôt beau, et surtout compensait sa ligne massive et son poids conséquent par une débauche de cuir, de bois, de moquette épaisse et de tout ce qui faisait qu’une Aston Martin était une voiture à part. D’ailleurs, face aux vraies supercars lancées ou en lancement à la même époque, Ferrari F40, Lamborghini Diablo, Bugatti EB110 ou Jaguar XJ220, Aston Martin eut le bon goût de proposer autre chose : non pas une sportive (la Virage ...