Boitier Rouge
L'automobile autrement

Souvenir du Mans 2017: rencontre avec Giancarlo Fisichella
15/01/18 - Samedi 17 Juin, circuit des 24 Heures du Mans. Il est 11h et j?ai rendez vous à la boutique Serengeti, située dans le village surplombant les stands des 24 Heures du Mans. En cette fin de matinée, alors que le départ est dans un peu  plus de 3 heures, Boîtier Rouge va rencontrer, en exclusivité Giancarlo Fisichella. C?est le témoignage d?un champion, déjà dans sa concentration mais hyper disponible, qui s?apprête à participer à la plus grande course d?endurance au Monde. Niko BR : Tu as été pilote dans différentes disciplines de sprint, jusqu?à la F1. En quoi l?endurance change ta préparation, comparée à des courses plus courtes ? Giancarlo Fisichella : ?Comme tu le sais, évidemment on est ici sur de très longues distances, aucune autre course n?est plus longue. On doit revoir toute la préparation. Chaque pilote pratique un sport favori, ma préférence va au vélo. Je parcours de longues distances en vélo, avec des sorties toujours supérieures à 100 kilomètres. Je passe souvent plus de 4 heures sur le vélo quand je sors. C?est important pour l?endurance physique et c?est un très bon exercice. Je cours aussi beaucoup et je pratique également la natation, mais jouer au ...

Automotrices Bugatti WR et WL: du prestige à l?oubli
15/01/18 - N’allez pas croire qu’une Bugatti était forcément un engin limité aux grands de ce monde, car en réalité, des centaines de milliers de personne ont pu prendre place à bord de modèles particuliers de la marque, développant entre 400 et 800 chevaux suivant les versions : les Automotrice WR et WL Bugatti, souvent appelées aussi Autorails. Dès 1927, Ettore Bugatti s’attaque au développement d’un tout nouveau modèle, le summum de l’automobile, la Bugatti Type 41 « Royale », un monstre au moteur de 8 cylindres en lignes de 12,7 litres de cylindrée, offrant la bagatelle de 200 chevaux sous un interminable capot. Pourtant, dès 1929 et la crise financière, il apparaît certain que, vu le prix de la voiture, l’objectif de 25 exemplaires ne sera jamais atteint. En outre, la production des autres modèles (type 46 ou 50), eux aussi relativement onéreux, chutait dramatiquement dès 1930. Ettore Bugatti se retrouvait alors avec deux problèmes : que faire du stock de moteur déjà produits pour la Royale (un peu plus d’une dizaine d’exemplaires restant après la livraison des 7 exemplaires vendus jusqu’en 1931), et surtout, comment occuper les 600 ouvriers de l’usine qu’il a déjà commencé à licencier faute d’activité. Il fallait donc vite trouver ...

LM SOVRA: la Californie made in Loiret
15/01/18 - Les années 70. Hippies, cheveux longs, musique rock, fringues psychédéliques, moeurs légères et aussi dérivés Volkswagen. La Coccinelle n?a pas seulement enfanté le célèbre Combi, elle a aussi donné naissance à des véhicules moins officiels, les buggys. Cette mode venue de Californie et initiée par Meyers Manx au milieu des années 60 (lire aussi : Meyers Manx) finira par débarquer en France, de façon plus modeste. C?est l?histoire de la SOVRA. Le roi du plastique Peu importe le constructeur, il y a toujours un homme derrière chaque aventure industrielle. Michel Landois n?est pas né avec une ambition automobile. Après un apprentissage dans les règles de l?art, il commence à travailler chez René Bonnet. Sa spécialité c?est le plastique. Devenu un as en moulage de matières plastique et polyester il fuit Paris pour rejoindre Corbeilles-en-Gâtinais, dans le Loiret. Michel Landois trouve une grange et commence à fabriquer ce qu?on lui demande, c?est à dire, des voitures pour les manèges ! Son expérience automobile le rattrape assez rapidement et bientôt il monte un atelier de réparation des coupés Djet. La réputation du garçon est faite et il finit par devenir fournisseur des coques de monoplaces de Tecno. La mode des Buggys La France ...

Les Chroniques de Starter: le journalisme automobile dessiné par Jidéhem
14/01/18 - Dans les années 60 et 70, l’automobile avait sans doute une autre dimension qu’aujourd’hui. Loin de n’être qu’un moyen de locomotion, c’était aussi un monde nouveau, enfin accessible au plus grand nombre, synonyme d’ascension sociale, de réussite, de vitesse, mais aussi de sport automobile. Adultes, adolescents et enfants se passionnaient pour chaque salon de l’automobile, chaque nouveaux modèles, au point que, dès la fin des années 50 et jusqu’à la fin des années 70, le journal de Spirou, destiné pourtant aux plus jeunes, disposait de sa propre rubrique animée par Starter, mais dessinée quasiment du début à la fin par Jidéhem, de son vrai nom Jean de Mesmaecker. Tiens, ce nom vous dit quelque chose ? Normal, car Jidéhem (ses initiales, comme Hergé), fidèle collaborateur de Franquin, le plus souvent resté dans l’ombre, suggéra de donner au fameux signataire de contrats son propre nom, lui trouvant une étrange ressemblance avec son propre père, directeur des achats aux Grands Magasins L’Innovation. C’est Franquin justement qui inaugura le dessin de la rubrique automobile Starter en 1956, à la demande de Charles Dupuis, éditeur du Journal de Spirou et grand amateur de voitures (la rubrique, elle, existait depuis 1952). Mais rapidement débordé par ses ...

Yamaha OX99-11: la supercar éphémère
13/01/18 - Au nom de Yamaha, les bikers penseront « deux roues », les mélomanes « piano », les plaisanciers « moteur marin », tandis que l’amateur de bagnole cherchera dans sa mémoire. Il faudra alors qu’il possède une solide culture automobile pour se souvenir de l’étude des années 60 prévue pour Mazda et finalement vendue à Toyota, donnant naissance à la fabuleuse 2000 GT, ou bien se rappeler l’activité de motoriste de F1 du constructeur japonais au début des années 90, avec Brabham puis Jordan. C’est cette tentative (plutôt ratée a posteriori) qui donnera l’idée aux dirigeants de la firme japonaise, alors que l’euphorie supercar bat son plein, de développer leur propre projet basé sur le V12 de F1 d’alors : la Yamaha OX99-11. On peut s’en moquer, mais les japonais n’étaient pas les seuls à se pignoler sur la F1 et sur les supercars. Les projets pullulaient à l’époque, chez les grands comme les petits constructeurs. Les supercars poussaient comme des champignons, chez Cizeta (lire aussi : Cizeta V16T), Bugatti (lire aussi : Bugatti EB110), Lamborghini (lire aussi : Lamborghini Diablo), Jaguar et la XJ220, et McLaren avec sa F1 (lire aussi : McLaren F1), sans compter l’éternel Ferrari. Côté F1, Lamborghini s’y essayait au côté du petit constructeur Venturi (lire ...

Barkas B1000: l?autre icône est-allemande
13/01/18 - Le Kombi Volkswagen a la cote aujourd’hui, à tel point qu’il est devenu presque inaccessible. Pourquoi alors ne pas s’intéresser à d’autres « vans » moins consensuels, moins connus, et surtout beaucoup plus originaux. Je vous avais déjà parlé du Skoda 1203 (lire aussi : Skoda 1203), et un lecteur avis m’avait suggéré de vous parler aussi du Barkas B1000 est-allemand. Voici donc la petite histoire d’un van aussi connu à l’Est de l’Allemagne que le T1 Type 2 contemporain l’était à l’Ouest. On a souvent l’impression que les produits venant de l’Est était en retard techniquement face aux à ceux de l’Ouest, et ce n’est pas toujours faux. Mais dans le cas du Barkas B1000 ce n’est pas tout à fait vrai. Certes, le Barkas B1000 se contentait (au départ) d’un 3 cylindres 2 temps d’origine DKW, mais pour le reste, il s’agissait d’une camionnette de conception très moderne et surtout plus pratique : moteur à l’avant, roues motrices à l’avant, libérant de la place à l’arrière pour toutes les évolutions possibles (notamment plateau), carrosserie autoporteuse, fond plat et bas facilitant le chargement, suspension indépendant à barres de torsion longitudinales à l’arrière, transversales à l’avant. En fait, tout l’inverse du T1 ce qui ...

Christian de Léotard: l?obsession des 6 roues
12/01/18 - En règle générale les motos ont deux roues et les voitures quatre. Pourtant il existe des exceptions à la règle et parfois l?exception vire à l?obsession. C?est le cas de Christian de Léotard dont la vie sera consacrée à la transformation de vulgaires 4 roues en 6 pattes. L?apprentissage ?Baladez vous aujourd?hui au volant d?une Ferrari, une Porsche Turbo, ou une Rolls. Personne ne vous remarque, ou vous ferez figure de play-boy sur le retour. En revanche, avec une Renault 5 six roues, toutes les têtes se retournent sur vous?. Ces mots sont la réponse de Christian de Léotard, un jour où  un journaliste lui demanda pourquoi il transformait tout ce qui roulait en 6 roues. L?histoire commence en 1978. Christian part alors en stage en Angleterre chez Land Rover. Il découvre alors le monde des 4×4, et devient alors passionné par les transmissions en tous genres (lire aussi : Wood Picket Sheer Rover). La mission qu?on lui confie consiste à travailler sur un projet de Range Rover à 6 roues. C?est la première rencontre de Christian avec le monde des 6 pattes, le jour où il tombe dans la marmite. En rentrant il collabore au sein de l?ADPT ?Application Des ...

Austin Allegro: mauvais tempo ?
07/01/18 - Bide : ce mot ne désigne pas seulement la surcharge pondérale d?un buveur de bière mais aussi n?importe quelle chose ou acte n?ayant pas rencontré le succès escompté. Et s?il y a un domaine dans lequel définir un bide est complexe, c?est bien l?automobile. Cela dépend généralement de plusieurs facteurs : investissements, chiffres de production, fiabilité?. Je vais donc prendre un exemple : l?Austin Allegro. Même si on ne peut pas vraiment la qualifier de bide, l?Allegro marque pourtant le début de la fin pour l?industrie automobile britannique. Alors, tâchons de voir son niveau de « bidonnage ». Tout d?abord, replaçons-nous dans le contexte : depuis 1968, les groupes British Motor Holding et Leyland s?allient afin de créer la BLMC (British Leyland Motor Corporation) regroupant désormais une dizaine de marques autos. Une fausse bonne idée : Des gammes vieillissantes, des modèles entrant en concurrence les uns les autres ou se vendant mal, outils de production dépassés, aucune synergie entre les différentes marques? Plus une trésorerie des plus réduites. Rajoutez par-dessus ça des grèves et mouvements sociaux et vous trouverez tous les ingrédients pour un mauvais départ. Chez Austin, il y a certes la Mini, qui, si elle continue de bien se vendre, accuse déjà le poids des ...

Citroën Kar-A-Sutra: monospace érotique
05/01/18 - Et si le monospace n’avait pas été inventé par Renault, Chrysler ou d’autres (lire aussi : les origines de la Renault Espace ?), mais par Citroën, ou du moins par Mario Bellini, designer italien qui réalisa dès 1972 une sorte de voiture à vivre (hum), à rouler, à dormir, à « baiser » aussi, avec le soutien de l’industriel aux chevrons mais aussi celui de Pirelli : la Citroën Kar-a-sutra ? Bon ok, la Kar-a-Sutra n’est pas vraiment belle, c’est mieux, elle est faite pour toi. Elle est aussi bien dans son époque du début des années 70, complètement perchée mais en phase avec le côté hippie certes, mais aussi le côté industriel (classe laborieuse?) rappelant le Type H (les stries, bien que carrées, rappellent la tôle ondulée malgré tout, lire aussi : Citroën Type H). En bref, la Kar-a-Sutra n’est pas vraiment une voiture, mais un thermomètre de l’époque, sans savoir qu’elle anticipait sur l’avenir, la Renault Espace et toute la tripotée de monospaces qui apparaîtront dans les années 80 et 90. Le rapport entre le cul et la bagnole a souvent été fait. Dans les années 70, la voiture, instrument de liberté, à tous les niveaux, était un lieu de rencontre, un instrument de ...

Irmscher Corsa A « Spider » i120, i130 et i130e: découvrable collector
05/01/18 - A une certaine époque, les constructeurs n’hésitaient pas à s’offrir des modèles sortant de l’ordinaire destinés à une petite frange des acheteurs désireux de rouler dans une version plus décalée que celle destinée au grand public. Alors que la souplesse industrielle n’était pas encore de mise, il fallait donc que les grands constructeurs passent par des carrossiers indépendants, mais à l’outil adapté à la production en petite série (les choses ont changé depuis). Voilà comment, pour satisfaire une niche, sans grands investissements, et pour faire aussi un peu le buzz autour de la nouvelle Corsa A, Opel décida d’extrapoler une version de petite série de son Spider Concept en externalisant chez Irmscher (et sous son blason) la Corsa Spider, en 3 versions i120, i130 et i130e. En 1982, Opel lançait sa petite Corsa, et pour la rendre encore plus sexy, présentait au Salon de Genève son Spider Concept : une version radicale et découvrable de la nouvelle Corsa A, censée séduire les jeunes générations. Il ne s’agissait à l’origine que d’un show-car, mais le produit était plutôt réussi, avait trouvé un certain écho sur le salon genevois, et cela avait donné des idées aux dirigeants de la marque au Blitz. Le ...